Coudre un patron adapté à sa morphologie

Episode 1/3 : « Non, je ne suis pas Parisienne »

Je vous le disais il y a quelques jours ici même, j’ai décidé de vous parler des ratés en couture ou plutôt de nos expériences, portables ou non. Dans chacun des 3 articles, je vous présenterai le-s projet-s, comment je l’-les ai abordé-s, mes erreurs, et ce que cela m’a appris.
On commence avec la robe La Parisienne de Louis Antoinette Paris.

En janvier 2016, alors que je savais à peine enfiler correctement ma machine et coudre droit, Louis Antoinette Paris a lancé un concours « Hack la mode » autour d’un joli modèle, La Parisienne, et des lots de fous à gagner. Emportée par mon enthousiasme, j’ai décidé, avec l’aide de ma sœur Isabelle (elle a fait 4 ans d’études en couture) de me lancer dans l’aventure, avec des idées plein la tête et la volonté de coudre au moins deux versions pour gagner, sinon le concours, au moins la satisfaction d’avoir relevé ce défi personnel.

Ci-dessous, la toile

 

Je n’ai pas gagné le concours, mais j’ai cousu 2 versions de la Parisienne avec cols Claudine amovibles assortis, et revers aux manches (trop ambitieux par rapport à mon niveau) et ma sœur a utilisé les chutes pour coudre une pochette pour chaque version. C’était mes premières robes, c’est une grande fierté. Evidemment, si j’analyse les choses avec objectivité et un peu de recul, c’est un peu plus nuancé.

La Parisienne, c’est une robe droite, élégante au look « preppy » … pas du tout moi ! Quand je regarde les photos et surtout la robe dans mon placard, je vois un modèle pas du tout adapté à ma morphologie et je réalise que j’ai cousu sans réfléchir.

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Première version en  Modal Atelier Brunette avec col amovible et pochette assortis

Ma morphologie, c’est un A, une pyramide ou une poire (cela dit en passant, la même que  Beyoncé ou Jennifer Lopez, je dis ça je dis rien). Cela veut dire une poitrine moyenne, voire petite, une taille marquée, des hanches et des fesses imposantes, voire voluptueuses. C’est aussi des épaules moins larges que les hanches et une taille de pantalons supérieure à celle de mes vestes. Quand on a ce type de morphologie, il faut rééquilibrer la silhouette en attirant l’attention sur le haut du corps. J’essaie donc d’éviter les rayures horizontales en bas (elles apportent du volume) et les vêtements larges. Je préfère les pièces près du corps qui focalisent les regards sur le buste en jouant par exemple, sur le décolleté. Je fais attention aux tops que je choisis généralement colorés ou à motifs, et je préfère les pantalons évasés et les robes forme empire ou trapèze, les vestes épaulées et les talons qui élancent la silhouette.
Le choix du modèle – une robe droite avec un haut qui s’arrête avant les hanches – est ma première erreur.

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Seconde version en  coton imprimé de Motif Personnel et viscose noire lourde

Par ailleurs, le choix de la taille pour le haut n’est pas bon et me fait des épaules tombantes : je me suis précipitée sur la taille 42 (la taille que j’achetais en magasin d’habitude), en pensant surtout au bas de la robe. Si cela convient effectivement pour le bas, c’est trop grand pour le haut ! Quant à la longueur des manches, mon choix n’était pas clair entre courtes et trois-quarts, ce n’est pas joli et cela accent l’effet épaules tombantes.

Malheureusement, quand on commence à coudre droit et qu’on a cousu deux ou trois pièces, on se sent pousser des ailes ; en voyant tant de personnes se lancer dans l’aventure, je me suis dit que je pouvais le faire moi aussi !

Or, il y a de nombreux points techniques à gérer dans la réalisation de cette pièce, notamment pour une débutante, et je les avais sous-estimés.

En effet, la pose des manches (et surtout les revers que j’ai du bricoler car ils ne faisaient pas partie du patron), de la doublure et de la fermeture à glissière invisible, ce sont avérés de vrais défis pour la couturière débutante que j’étais. Même avec une toile pour comprendre le montage et identifier les points délicats, j’en ai vraiment bavé.

Ma sœur m’a été d’une grande aide : elle m’a expliqué, montré, encouragée, conseillée et a même pris en charge les points les plus difficiles pour moi sur la première version, mais franchement, même avec ses explications, ça n’a vraiment pas été une partie de plaisir et, à force de faire, défaire et refaire, j’ai failli me décourager plus d’une fois.
Prendre une pièce qui ne convient pas à son niveau de couture, c’est aussi une erreur. Même si on peut beaucoup par la force de la volonté, je pense qu’il faut rester raisonnable et y aller petit à petit pour s’assurer de terminer sa pièce, et de faire de jolies finitions.

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Bon, je crois que vous l’aurez compris, il est préférable de choisir un patron adapté à sa morphologie et à son niveau de couture, sauf à pouvoir le retoucher de façon significative, ce qui n’a pas grand intérêt (sauf pour l’exercice) et n’est pas à la portée de tous.

Aujourd’hui, je ne porte pas ces robes mais le bilan de ces cousettes est plutôt positif car j’ai beaucoup appris à l’occasion de la réalisation de ces pièces :

  • Grâce à ma sœur qui n’a cessé de me conseiller et de m’encourager, et en cherchant en ligne, dans mes cours et mes bouquins, j’ai cousu deux robes pour la première fois, et je suis arrivée au bout de la réalisation de deux pièces pas si simples à coudre
  • J’ai vu pour la première fois la réalisation complète d’un projet de la conception jusqu’à la photo portée et j’ai compris que la couture, en vérité, ne représente qu’un petite partie de la création d’un vêtement.
  • J’ai appris à lire un patron et les instructions avant de me lancer tête baissée
  • J’ai expérimenté de nouvelles techniques (avec plus ou moins de succès mais j’ai tenté !) Cela m’a d’ailleurs tellement plu, que c’est à ce moment-là que j’ai décidé de me coudre ma garde-robe. Un an plus tard, j’avais réussi à coudre plus de 40 pièces. Elles sont plus ou moins parfaites pour un œil averti mais je les porte régulièrement, et avec beaucoup de fierté pour la plupart.

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Quant à ce que je vais faire de ces deux merveilles qui dorment dans mon placard, j’y réfléchis… J’ai du mal à me décider sur la façon de recycler la version Modal Atelier Brunette car c’est la toute première, celle que j’ai réalisé avec ma sœur et elle me tient à cœur… à suivre !

Pour la version cousue avec l’imprimé noir et blanc, je pense garder uniquement le bas pour la porter en jupe, recycler la doublure et transformer le haut en short.
Et vous, vous avez déjà cousu un vêtement inadapté à votre morphologie et/ou à votre niveau de couture ?

Bonne soirée !
Sylvie

A suivre dans le prochain article : A nos pièces manquées, épisode 2 :
Sélectionner le tissu approprié : « Rachel et l’effet parachute » et « La Parisienne n’aime pas le modal en hiver »

15 commentaires sur “Coudre un patron adapté à sa morphologie

Ajouter un commentaire

  1. Je crois qu’on fait toutes les mêmes erreurs… Moi aussi j’ai foncé sur un patron gratuit pour ma première cousette mais il était clairement au dessus de mon niveau (non existant à ce stade 😂).
    Tes robes sont magnifiques si ça peut te consoler ! Peut être que tu pourrais couper quelque chose dedans si tu ne les mets pas ? Ou alors les offrir à quelqu’un ?
    Ma jupe Rachel attend dans mon placard ! Pour moi l’échec c’est le choix du tissu, peut être que je posterai une photo a la sortie de ton article !

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    1. Merci Aude, ton commentaire me console effectivement et le conseil est excellent. Je vais regarder dans mon entourage si ces « expériences » peuvent intéresser quelqu’un qui n’est pas un A !
      Bises, Sylvie

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  2. Bonjour Sylvie !
    Joli partage et belle expérience, on attend les 2 autres épisodes 😉
    J’ai aussi fait cette erreur de me lancer tête baissée dans des projets… ma morphologie m’a souvent sauvé la mise car je suis plutôt sur un 8 et je taille en 38 en haut et en bas… donc pour le choix des patrons c’est plus simple… par contre j’ai un gros problème avec le choix des matières !!
    Mon gros flop a été une jupe Miami d’Annabel BENILAN en simili cuir… elle est tellement rigide qu’elle tient debout toute seule ! mdr

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    1. Bonjour Ingrid,
      merci pour ce gentil commentaire et ce partage d’expérience. Je suis rassurée, il semble que ce soit un passage obligé quand on débute ! Et tu m’as beaucoup fait rire avec ta jupe Miami qui tient toute seule !
      Bonne journée à toi, Sylvie

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  3. C’est un article très intéressant Sylvie. C’est très difficile de ne pas ceder au coup de coeur. Et effectivement quand on débute en couture, on est loin de s’imaginer que la couture à proprement parler n’occupe que 50% du travail.

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