Sélectionner le tissu approprié

Épisode 2/3

Rachel et l’effet parachute et La Parisienne n’aime pas la viscose

Je vous le disais il y a quelques jours ici même, je vais vous parler des ratés en couture ou plutôt d’ « expériences », mettables ou non. Dans chacun des 3 articles, je vous présenterai le-s projet-s, comment je l’-les ai abordé-s, mes erreurs, et ce que cela m’a appris.

Dans ce second article, on continue avec la jupe Rachel de la Maison Victor et la robe La Parisienne de Louis Antoinette Paris.

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Sélectionner le tissu approprié. Cela peut paraître une évidence mais quand j’ai commencé, je faisais les choses à l’envers : je repérais un modèle (approprié ou non à ma morphologie en A), un beau tissu (sans regarder ce que j’avais dans ma garde-robe) et je me lançais avec ardeur et enthousiasme dans un nouveau projet.

En agissant ainsi, quelques-unes de mes cousettes sont restées dans le placard ou je ne les porte qu’à la maison, car on est loin de que j’avais imaginé ou tout simplement parce qu’à force de coups de cœur, j’ai du mal à assortir les pièces et que je me rends compte qu’il me manque des basiques. C’est sans doute une histoire de perception. Et de réflexion surtout. En voici deux exemples :

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1. La jupe Rachel de La Maison Victor
Rachel est un modèle paru dans le numéro de janvier/février 2016 de La Maison Victor. C’est une jupe courte à plis creux, avec des poches sur les côtés, une fermeture à glissière invisible dans le dos et une ceinture en forme fermée par un bouton pression. J’ai adoré cette pièce dès que je l’ai vue. C’est la jupe que j’ai cousue seule pour la première fois. On ne va pas revenir sur ce point (voir article précédent) mais le choix d’un modèle en fonction de son niveau est vraiment primordial, au risque de se décourager et de rater sa cousette « pour de vrai ». D’ailleurs mes finitions sur cette pièce sont déplorables.

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J’ai pris mes mesures, n’ai pas fait de toile (chose qui me parait inimaginable aujourd’hui) et aucune retouche sur le patron. Je suis passée un peu vite sur les conseils relatifs au choix du tissu et franchement j’aurai dû y être attentive ! Pour mes deux versions, j’ai pris des jacquards, sublimes certes, mais je me suis vraiment compliqué la tâche car ce tissu est tissé (ça s’effiloche comme rien, c’est très dur à travailler), assez léger (en terme de poids), il ne tombe pas bien pour une jupe et ne marque pas ou peu les plis, d’où un effet parachute. Enfin, je n’ai pas ajusté la longueur de la jupe, ce qui amplifie les choses. Sans parler de ma morphologie à cet endroit-là, vous voyez le tableau.

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Ci-dessus, première version de la jupe Rachel de la Maison Victor ; ci-dessous, la seconde, toutes deux en jacquard

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Le bilan
La première version en noir à points dorées, je la porte en soirée, avec les copains, et un collant opaque de préférence. Cet été, je vais prendre le temps de la transformer en short, pour en faire une pièce plus acceptable, en tout cas, mettable.

En ce qui concerne la seconde version, je considère qu’elle est vraiment ratée, car ce jacquard argenté s’est avéré encore plus difficile à travailler que le premier, et les points techniques, que je ne maîtrisais pas du tout à l’époque, m’ont vraiment posé problème, du coup les finitions sont médiocres, et je ne peux pas la porter en l’état. Je pense la recycler en pochette pour téléphone portable pour Noël prochain, au moins ça ne sera pas inutile.

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Ci-dessus, jacquard Gold Circle de Pretty Mercerie (collection 2016)

On reste positive ! Cette expérience m’a appris, malgré tout.
Outre la satisfaction d’avoir terminé, seule, deux pièces (mon premier vêtement), et même si mes finitions laissent vraiment à désirer, j’ai expérimenté différentes techniques : pose d’une fermeture à glissière invisible, réalisation de plis creux, création et pose de poches, réalisation d’une ceinture en forme et pose d’un bouton pression.

Une fois de plus, je me suis creusée la tête pour comprendre le patron et trouver en ligne des tutos, et même si la version argentée n’est vraiment pas portable, je suis très fière de ma version noir et or qui aura une seconde vie et qui ne moisira pas au fond de mon dressing.

 

2. La robe La Parisienne de Louis Antoinette Paris
La Parisienne, c’est une robe droite, élégante au look « preppy » … ma première robe, un coup de folie de débutante. C’est une grande fierté, malheureusement pas très mettable en l’état (si vous ne l’avez pas encore lu, voyez l’article précédent pour comprendre). Quand je regarde les photos et surtout la robe dans mon dressing, je vois un modèle pas du tout adapté à ma morphologie, cousu sans réfléchir.

Mon choix de patron n’était pas pertinent, et comme si cela ne suffisait pas, j’ai également fait une erreur dans le choix du tissu de la première version. En effet, j’ai choisi de coudre une version viscose « Halo Dusk » (130g/m²) d’Atelier Brunette, un tissu pour lequel j’ai eu un coup de cœur et qui m’a décidé à me lancer dans la confection de vêtements pour moi, alors que je savais à peine enfiler ma machine à coudre, et coudre droit (si si !)

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Ci-dessus, robe La Parisienne de Louis Antoinette Paris en viscose Halo Dusk Atelier Brunette

Bien que les matières lourdes et qui se tiennent bien pour un joli tombé (drap de laine très fin, crêpe de laine, jacquard, matelassé, etc.) étaient préconisées, j’ai fait ma rebelle et ai choisi un tissu plus léger en me disant que ça irait avec la doublure. Oups. Disons que les choses se sont passées un peu différemment.

[pour en savoir plus sur les étapes de la réalisation de cette robe et les points techniques, lisez l’article précédent]

 

Ci-dessus, viscose Halo Dusk Atelier Brunette

En voyant les premières photos, j’ai eu un doute. Outre les erreurs de réalisation que j’ai relevées, le tissu me paraissait un peu léger, aussi magnifique soit-il. Mes craintes se sont avérées fondées le lendemain lorsque je suis partie, toute fière, travailler avec ma première robe sur le dos. Heureusement, on était en janvier, au cœur de l’hiver, et je portais un manteau assez long, quasiment jusqu’aux genoux. Heureusement, car en allant prendre les transports pour me rendre sur mon lieu de travail, à la bourre comme toujours, je me suis rendue compte au bout de 500 mètres que la jupe était remontée… au niveau de ma taille (traduction : on aurait pu voir mes fesses !)

Arrivée au bureau, comme j’ai fait le voyage avec la jupe en l’air, et que je m’étais assise dans le RER, la jupe était toute froissée, genre accordéon. J’ai malgré tout eu de nombreux compliments de mes collègues, bienveillantes, qui ont souligné l’effort et le travail pour coudre une telle pièce pour une débutante. Le tissu était donc effectivement trop léger.

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Ci-dessus, robe La Parisienne de Louis Antoinette Paris en viscose Halo Dusk Atelier Brunette

Outre la fierté d’avoir cousu cette première pièce, et les points techniques que j’ai expérimentés à l’occasion de cette première cousette, j’ai compris l’importance de lire le patron (de la couverture avec le dessin technique jusqu’à la dernière page du livret), de réfléchir avant de se lancer et surtout de suivre les préconisations des professionnels !

Comment faire pour ne pas reproduire ce genre d’expérience ?
Au-delà de la lecture attentive des instructions, il est bon de lire les indications techniques (poids, préconisations du fabricant etc.) lors du choix de son tissu ; certaines merceries, comme Pretty Mercerie, Ma petite mercerie, Tissus.net ou Cousette donnent d’ailleurs des indications très précises sur l’usage (blouse, pantalon, jupe), le poids, voire sur la transparence d’un tissu.

Quand on n’a pas l’habitude, pour s’assurer que son choix de tissu est pertinent et obtenir le meilleur rendu possible, le mieux est encore de se référer au Guide des tissus par projets de couture écrit par Christelle Beneytout.

C’est d’ailleurs, d’après moi, un indispensable à avoir dans sa bibliothèque. Ce livre de 200 pages paru aux éditions Eyrolles en 2015 est une vraie mine d’information : dans une première partie dédiée aux textiles, Christelle présente les différents types de fibres, les étapes de fabrication, les ennoblissements, le choix et la préparation du tissu.

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Au-delà de l’intérêt que cela représente pour toute couturière, cette partie, passionnante et très documentée, est une excellente base pour aborder la seconde partie du livre. Pour chaque saison (printemps-été, puis automne-hiver) Christelle y présente chaque pièce en 3 chapitres : les styles et l’histoire, le choix du tissu et un zoom sur le choix du fil, de l’aiguille et du point pour assurer un fini impeccable. En tout, 34 vêtements (blouse, marinière, robes, jupes, vestes et même manteaux), 3 accessoires (cravate, foulard et maroquinerie) et 5 projets « linge de maison » sont présentés en détail dans cet ouvrage, très riche et truffé de conseils. Une section « bonnes adresses » et un index complètent le livre.

Christelle a écrit d’autres livres, notamment le Guide de couture à la surjeteuse et à la recouvreuse qui fait également partie de mes basiques, et elle anime son propre site où elle propose entre autres, des patrons, dont la célèbre veste Cannelle. Si vous ne connaissez pas encore, je vous conseille d’aller y jeter un œil pour plus d’information.

Et vous, vous avez déjà fait de mauvais choix de tissus ? Dites-moi tout !

Bonne soirée !
Sylvie

A suivre dans le prochain et dernier épisode :
A nos pièces manquées, épisode 3 : Faire une toile et retoucher le patron
« Avec Malo, c’est ceinture ! » et « Cézembre fait le gros dos »

5 commentaires sur “Sélectionner le tissu approprié

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  1. Ton histoire de jupe me fait penser à ma Jupe Miami (en partie recyclée aujourd’hui 👍)… vraiment pas évident de choisir un tissu qui se prête aux jupes à plis 😅 Merci pour ce partage… j’attends le 3/3 😋

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  2. Bien sûr que j’ai fait des mauvais choix de tissus au début ! Nombre d’ouvrage sont partis au recyclage pour cette raison. Même si c’est parfois frustrant de ne pas pouvoir associer l’imprimé si convoité au patron, c’est toujours plus raisonnable d’en choisir un plus adapté. Et comme tu dis, l’importance de lire et relire toutes les infos sur un patron parce que 1) les créatrices se donnent la peine de les donner et pas pour faire joli et 2) c’est garantir le succès de sa Cousette! Mais ça il faut avoir or fait l’erreur quelques fois avant de le comprendre! 🙂

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    1. Certes, l’expérience est formatrice ! Maintenant, avant de commencer un projet, je lis une à trois fois le livret explicatif pour m’imprégner, puis je fais la toile et normalement ça se passe bien ! 😀

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